>Histoire et patrimoine>Son histoire

L'ensemble des illustrations provient de l'association historique de Marcoussis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

a présence de l'homme est attestée à Marcoussis dès le IIIe millénaire avant J.C. Des fouilles archéologiques récentes ont permis de retrouver les indices d'une occupation néolithique diffuse (quelques silex, des grattoirs et un fragment de meule en grès exhumés sur le tracé du TGV Atlantique), mais aucune structure d'habitat ou concentration remarquable d'objets n'ont été mises à jour. Un polissoir subsiste dans les bois du Déluge à l'ouest du bourg.
Les bois du Déluge, du Bailliage, de Bellejame ou des Charmaux sont le vestige de l'ancienne forêt gauloise morcelée du VIIe au XIIe siècles par les défrichements carolingiens et capétiens.

La création et le premier développement de Marcoussis remonte à cette époque. Ils sont dus à l'établissement d'un prieuré fondé au cours du VIIe siècle par la célèbre abbaye normande de Saint-Wandrille.

Ce prieuré fut le noyau autour duquel vint s'agglomérer un hameau ; la population augmentant, il fut érigé en cure dont l'existence est attestée au cours du XIIe siècle. La paroisse eut bientôt pour patron Saint Wandrille et plus tard Sainte Marie-Madeleine, à la suite d'une confusion (les moines célébrant la fête de leur fondateur, mort un 22 juillet, le jour de la Sainte Marie-Madeleine).

Gravure de Saint Wandrille

Cette période fut aussi celle de la mise en place progressive des cadres féodaux. La localité devint le siège d'une seigneurie dont les détenteurs relevèrent, à partir de 1118, de la châtellenie et prévôté royale de Montlhéry. De leur château ne subsiste que le soubassement d'une tour carrée du XIIIe siècle enclavée dans l'aile nord du château édifié par Jean de Montagu au début du XVe siècle.

Dépendant de cette seigneurie, une mosaïque de fiefs s'étendait au centre de la vallée et sur le plateau de Nozay : domaine de Bellejame, du Ménil-Forget, du Faÿ, de la Ronce, de Vaularon. Le fief du Déluge, siège d'une commanderie de Templiers puis d'Hospitaliers de Saint-Jean disposant de biens-fonds et revenus considérables, relevait quant à lui de la commanderie de Saint-Jean-de-Latran à Paris.

Vallée et sur le plateau de Nozay

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


'occupation du territoire ne fut fortement modifiée qu'à la fin du XVIe siècle, lorsque Jean de Montagu, surintendant des finances, grand-maître de l'Hôtel de Charles VI devint seigneur de Marcoussis.
Dès 1389, il commença à acquérir les petits fiefs disséminés dans la vallée, qui faisaient enclave dans la seigneurie de Marcoussis. Vers 1400 il fit jeter les fondations d'un nouveau château qui devint le centre de tous les fiefs qu'il détenait dans le pays.

* Tombeau de Jean de Montagu




En 1404, tout près de son château fort, Jean de Montagu entreprit la construction d'un monastère qu'il avait en 1393 fait vœu d'élever si le roi Charles VI recouvrait la raison. En 1406, il donna avec ce couvent une riche donation aux Célestins de Paris.

Jean de Montagu employa encore une partie de ses biens à reconstruire le chœur de l'église de Marcoussis.
Après sa mort brutale, provoquée par les haines que sa politique autant que sa fortune avaient suscitées - le 7 octobre 1409, il fut arrêté et conduit en prison à l'instigation du Duc de Bourgogne puis décapité aux Halles à l'issue d'un procès sommaire -, ses propriétés terriennes furent attribuées au Duc de Guyenne, fils aîné du roi, qui céda la seigneurie de Marcoussis à son oncle Louis de Bavière.

A la mort de celui-ci, survenue en 1417, elle fut restituée aux descendants directs de Jean de Montagu, dont la mémoire avait été réhabilitée le 12 septembre 1412 par un arrêt du grand Conseil, et les obsèques célébrées solennellement dans l'église de Marcoussis, où on lui éleva un riche tombeau.
En 1422, la seigneurie passa à Jacqueline Montagu, sa seconde fille.

* château de Jean de Montagu


Pendant plus d'un demi-siècle de guerres (guerre civile et lutte contre l'Angleterre), la proximité de la capitale avait valu au château de Marcoussis d'être en première ligne des hostilités : entre 1412 et 1435 il fut successivement pris et repris par les armagnacs et les bourguignons, puis par les Anglais et les Français, tout comme la forteresse voisine de Montlhéry.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


ouis de Graville, petit-fils de Jacqueline de Montagu, fut le plus illustre représentant de sa maison. Chambellan et Conseiller de Louis XI, nommé Amiral de France en janvier 1487 et Gouverneur de Paris en 1505, il est considéré comme le second fondateur de la seigneurie de Marcoussis. C'est lui qui réunit définitivement à cette seigneurie les fiefs de Nozay, La Ville-du-Bois et Villiers sous Nozay.



Louis de Graville *

C'est probablement lui qui fit établir, sur le territoire de la commune, la troisième chaussée qui retenait les eaux de la Sallemouille pour former l'Etang- Neuf.
A sa mort en 1516, les seigneuries de Marcoussis, Nozay, Châtres et Boissy sous Saint-Yon échurent à sa fille Jeanne de Graville qui les laissa en 1540 à ses neveux de Balsac d'Entragues.

Cette famille originaire d'Auvergne les détint pendant un peu moins d'un siècle, au cours duquel Marcoussis fut le théâtre des guerres de religion - en 1562 et 1563, la vallée, comme l'ensemble du Hurepoix, fut saccagée par les soldats de l'armée huguenote qui profanèrent l'église paroissiale et mirent le feu au monastère des Célestins, dont l'église ne fut réparée qu'en 1566.

En 1634, la seigneurie passa de la branche des Illiers de Balsac d'Entragues. Léon d'Illiers pris parti pour le Cardinal Mazarin pendant la Fronde. Il lui offrit son château pour y emprisonner les princes de Condé et de Conti et le Duc de Longueville arrêtés le 18 janvier 1650.

 

* Visite de l'amiral de Graville aux Céléstins de Marcoussis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


(1) Le pigeonier

'ascension de la famille Lemaistre illustre à la même époque, la prise de possession des fiefs par la noblesse de robe issue de la bourgeoisie parisienne.


En 1603, Jérôme Lemaistre, Conseiller puis Président de la 4e chambre des enquêtes au Parlement, obtint par lettres patentes d'Henri IV l'autorisation d'utiliser les pierres de fortifications du château de Montlhéry, démantelées en 1591, pour restaurer ou agrandir sa maison de Bellejambe et les murs de son parc ; il incorpora à son domaine le petit fief du Houssay et en 1616 l'importante seigneurie de Guillerville.

Son fils Louis, conseiller d'Etat, maître des requêtes, l'accrut encore des terres de la Flotte et de la Fontaine relevant de la commanderie du Déluge.

* Domaine de Bellejame

C'est lui qui fit changer son nom en Bellejame de peur des railleries auxquelles l'exposaient ses jambes contrefaites.


A la Révolution, le Parc de Bellejame, entièrement clos de murs, renfermait potager, vignes, verger, glacière et orangerie, bief de la Sallemouille traversant le coteau nord et bois sur le coteau méridional ; le corps principal du château de Jérôme Lemaistre était inclus dans une nouvelle construction dont les ailes à fonction agricole avaient été considérablement étendues.

(1) Les vestiges du château en 1999

 

 

 

 

 

 

 

 




ar contrat du 14 juillet 1751 et pour la somme de 572 000 livres, Elisabeth Thérèse Chevalier devint comtesse de Marcoussis.
Elle fit construire à l'angle du grand parc un nouveau bailliage avec auditoire où s'exerçaient ses droits de haute et de basse justice et de gruerie.
L'abolition de l'ordre des Célestins marqua les dernières décennies du siècle.
Un arrêt du conseil du roi du 4 juillet 1778 avait transformé le couvent de Marcoussis en maison de retraite pour les Célestins désireux de continuer leur résidence dans une maison de l'ordre : ce fut le choix de 11 pères et frères et de deux domestiques.
En 1787, après la mort du dernier résident, les bâtiments, acquis par Louis XVI furent convertis en écurie pour les chasses royales, et le mobilier vendu par l'archevêché de Paris.


A la veille de la Révolution Marcoussis comptait un millier d'habitants - le recensement de 1745 déclarait 176 feux. La culture des céréales (méteil, avoine, orge), qui assurait la subsistance familiale occupait près de la moitié des sols et laissait une place importante à la vigne comme sur tous les coteaux du Hurepoix ; quelques parcelles étaient réservées aux légumes et aux fruits, assurés d'un débouché facile et rémunérateur.


Les biens de la comtesse d'Esclignac, qui n'émigra pas et mourut à Paris en février 1790, passèrent à ses neveux et nièces.
Couvent de la Sainte-Trinité des Célestins 1704


Armand de Puységur fit abattre vers 1805 le vieux château de Montagu, pour éviter, semble-t-il, sa transformation en prison d'Etat. Le domaine des Célestins, déclaré propriété nationale, fut mis en vente le 28 prairial an VI (17 juin 1798). Déjà les ornements et les objets de prix demeurés dans l'église avaient été transférés à Versailles.

En 1790, la municipalité de Marcoussis fut rattachée au canton de Palaiseau et au district de Versailles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




u cours du XIXe siècle, la quête des paysages champêtres attira à Marcoussis un grand nombre de " villégiateurs " ayant leur résidence principale dans la capitale. Ils édifièrent de belles maisons de plaisance où ils venaient passer l'été : Bel-Ebat, La Ronce, l'Ermitage Marie-Thérèse, le " château " du Déluge.

En 1859, François Matour, architecte parisien devenu propriétaire du domaine des Célestins, y édifia une demeure de style Louis XIV à encadrement de grès sur fond de briques, et à la Ronce, dont il fit aussi l'acquisition, une ferme sur cour carrée avec maison de maître à tourelle.

Des personnalités reconnues du monde médical, des arts, de l'industrie fréquentaient régulièrement la bourgade à la belle saison : le docteur Nélaton (chirurgien de Napoléon III) installé au Déluge, Eugène Moutard-Martin (président de l'Académie de médecine) dans son " château " du Chêne Rond, le géographe Malte-Brun (propriétaire plus modeste d'une maison rurale au centre du village).


Château du Déluge

Corot séjournait chez son élève Ernest Dumax, peintre de paysages : plusieurs tableaux dont un "Souvenirs de Marcoussis" acquis par Napoléon III en 1855, représentant des scènes familières ou des sites précis, source d'inspiration pour le peintre habitué des études de plein air et les promenades en campagne.

Jean-baptiste Camille COROT

Un siècle plus tôt, Jean-Jacques Rousseau avait aimé lui aussi parcourir les bois de Marcoussis en compagnie de son ami Grimm et du vicaire Antoine Cordonnier de l'Etang " passant le temps à chanter ses trios de Chenonceaux ", à en composer de nouveaux tout en allant " dîner à la fontaine de Saint-Wandrille " comme il le rapporte dans ses Confessions.



J.-J. Rousseau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


râce à l'exploitation du grès, le village atteignit vers 1866 son maximum démographique (1900 habitants).

Autour de 1850, l'extraction attira dans la vallée beaucoup d'ouvriers du dehors : ouverture des carrières de Couard appartenant à la commune, du Bois des Roches, propriété des sieurs Lefort et Fouré,

 

entrepreneurs de pavage reprise par la société Francastel Frères en 1866 ; carrières du Grand Parc, gérée par l'Association des travailleurs carriers de Marcoussis, et du Ménil-Forget, dirigée par M. Nourric, entrepreneur des routes nationales et départementales de la Seine. La plus importante, celle du Grand Banc des bois de la Madeleine, appartenait à la Ville de Paris qui ayant besoin de pavés décida de les produire elle-même, d'abord comme locataire en 1856 puis comme propriétaire l'année suivante. Jusqu'en octobre 1868, 5 967 107 pavés furent fabriqués par plus de 150 ouvriers. Mais les bacs s'épuisèrent et Marcoussis redevint dans les dernières décennies du siècle une commune essentiellement agricole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



a viticulture se poursuivit jusqu'aux années 1880, période de la crise du phylloxéra.
Les prés, les pâtures, l'étang et les friches avaient aussi fait place aux mêmes cultures, mais à la fin du siècle, les céréales (froment, avoine et seigle) occupaient encore 534 des 1056 hectares du domaine cultivable.

Dans les dernières années du XIXe et au début du XXe siècles, l'énorme accroissement du marché parisien et l'extension du bâti qui repoussait la ceinture primeurs enserrant la ville provoquèrent le développement des cultures légumières dans toute la région.

En 1894, l'ouverture de la ligne de chemin de fer sur route d'Arpajon, facilitant la desserte des exploitations jusque-là tributaire de la voiture à cheval, entraîna un brusque essor de la production. Le chemin de fer desservait tous les villages du coteau (à partir de Montlhéry un embranchement spécial de 3 km atteignait Marcoussis) et assurait un transport direct aux Halles.


Dans le sens du retour, l'Arpajonnais approvisionnait les cultivateurs en fumier et gadoue.

La culture de la Fraise était la grande spécialité de Marcoussis. Elle se situait aussi bien sur les coteaux exposés au sud (domaine de la fraise précoce telle la Surprise des Halles) qu'en plaine où la production pouvait se poursuivre jusqu'à la fin septembre avec la fraise des Quatre Saisons. Dans les meilleures années, la production de fraises sur le parcours de l'Arpajonnais pouvait atteindre le chiffre record de 411 tonnes dont 70 pour Marcoussis, où elle occupa jusqu'à 150 hectares en 1892. Les maladies comme le mildiou ou la rouille, l'épuisement du sol et le développement du machinisme provoquèrent à partir des années 30 son remplacement par des cultures plus rentables. En 1974, la culture de la Fraise à Marcoussis ne représentait plus qu'un hectare.



(1) source :
* (source : Itinéraire du Patrimoine : Marcoussis n°227 - réalisé par la DRAC Ile de France et édité par l'association pour le Patrimoine d'Ile de France)

Aujourd'hui les cultures maraîchères dans leur ensemble sont en voie de disparition.
En 1979, Marcoussis comptait 73 exploitants se partageant 837 hectares de surface agricole utile.
La commune de Marcoussis, consciente de l’enjeu économique, social, identitaire et paysager de l’agriculture dans cette partie de l’Ile de France, s’est associée avec les communes voisines (Nozay, Villebon-sur-Yvette, Saulx-les-Chartreux, et Champlan) et des exploitants, pour stopper ce recul de l’agriculture : le Triangle Vert des Villes Maraîchères du Hurepoix est né le 28 juin 2003.